Petite approche paysagère de Fougerolles...

        Porte d’entrée de la vallée de la Combeauté, le secteur de Fougerolles, découpé en hameaux, présente à travers une trame originale (la présence du cerisier) des paysages diversifiés et changeants au fil des saisons.

        La large vallée glaciaire de la Combeauté, bordée par des plateaux de grès allant jusqu’à 530 mètres d ‘altitude, se profile en berceau avec pour fond d’amples prairies alluviales entrecoupées de bourrelets fluvio-morainiques, témoignant de la présence d’une ancienne langue glaciaire en amont de Fougerolles-le-Château.

        Défriché à partir du XIe siècle, le paysage fougerollais s’est peu à peu modifié, façonné, construit à travers les événements historiques et sous l’impact de l’Homme. Aujourd’hui le territoire communal d’une superficie de 5400 hectares est occupé par deux centres spécifiques, Fougerolles-centre et Fougerolles-le-Château, entourés de 22 hameaux.

        En plus d’une occupation spatiale particulière, l’Homme a su tirer profit du sol et du sous-sol (grès) fougerollais.

        En effet, le contexte naturel (climat et sol) s’est avéré particulièrement accueillant pour un arbre fruitier : le cerisier. La densité des cerisiers complantés a fait de Fougerolles, « le pays de la cerise ». On ne compte pas moins de 40 000 cerisiers soit environ 6 par habitant.

        Le verger traditionnel haute-tige fait encore partie intégrante du paysage même s’il se désagrège. Aujourd’hui les vergers modernes apportent une autre touche. Au printemps comme à l’automne, ils offrent toutes les facettes d’une tonalité impressionniste.

 

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Vue sur le haut du Roigire: l'habitat traditionnel, implanté en fonction du terrain, et la végétation forment un paysage bien agencé. Aucun élément ne perturbe la vue.

 

      Par ailleurs, le grès du sous-sol fougerollais fut largement exploité et on le retrouve également dans le bâti, élément important du paysage. Le grès est utilisé dans la confection de toiture (dit « toit de laves »), d’encadrements de fenêtres et de portes, de voûtes, de façades,… qui constituent les aspects les plus typiques de la ferme à charri. C’est aussi à travers le patrimoine architectural dit « mineur » que le grès prend forme. On compte 66 croix et oratoires en grès sur la commune et plusieurs chapelles et fontaines-deuilles. En plus de l’aspect paysager, ces patrimoines sont un témoignage de l’histoire de Fougerolles.

        Le chello ou grenier à grains, petite construction entièrement en bois, est également propre au secteur de la Vôge. On en dénombre 132 à Fougerolles.

        Enfin, le château de Fougerolles et l’église sont les deux éléments-clés du paysage.

Le Château féodal a été érigé avec vue sur la vallée pour défendre l’accès à la haute-vallée de la Combeauté. Il constitue le cœur de Fougerolles-le-Château.

L’église, datant du XVIIIe siècle, est visible à partir de nombreux points de vue avec son clocher comtois typique. Elle constitue l’âme de Fougerolles.

 

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Une approche paisible du Centre sous la neige.

 

      Malgré ce riche patrimoine, le paysage tend à perdre de son unicité. Les 32 exploitations agricoles toujours en activité, n’empêchent pas l’enfrichement de certains secteurs entraînant la fermeture des paysages. Des terres sont abandonnées, des vergers, des fontaines-deuilles, des fermes… manquent d’entretien. Le bâti traditionnel n’est pas toujours respecté (installation de bâtiments d’élevage intensif par exemple). L’enrésinement opéré dans les années 1950/1960 est également visible dans les paysages

        L’activité économique ayant fortement baissée ces 40 dernières années, on a compté de nombreux licenciements (fermeture de la filature de Fougerolles-le-Château, rachat par Fuji de l’imprimerie Buriot, rachat par Lufkin de Comélor) qui ont entraîné un exode rural et une chute du nombre d’habitants (moins 300 individus) entre les deux derniers recensements.